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L’histoire du carnaval de Guyane

Le carnaval de Guyane trouve sa singularité à travers son histoire et les origines des esclaves libérés.

 

DES ORIGINES À NOS JOURS

En Guyane, jusqu’à l’abolition de l’esclavage, le carnaval était exclusivement réservé aux colons et se pratiquait sous forme de fêtes travesties qu’ils organisaient chez eux. Mais comme le carnaval est, et a toujours été, une parenthèse de transgression avant le carême, les esclaves organisaient des fêtes clandestines. C’était un moyen de retrouver un peu de liberté en tournant les colons en dérision en se couvrant de mélasse ou de farine.

Au milieu du 19ème siècle, lorsque l’esclavage fut aboli en Guyane, le territoire comptait 13 000 esclaves sur les 19 000 habitants. Ce sont donc ces esclaves libérés qui vont donner une saveur toute particulière au carnaval de Guyane. Ils vont le redessiner à leur image en y intégrant leur propre histoire et leurs origines africaines. 

Au fil de l'histoire le carnaval s’est métissé, pour refléter aujourd’hui toute la diversité ethnique de la Guyane.

LES MARQUES DE L'HISTOIRE DANS LE CARNAVAL GUYANAIS D'AUJOURD'HUI

Durant la période du carnaval la Guyane se soumet à l’autorité provisoire et grotesque du roi de la fête, le Roi Vaval. Celui-ci représente la mémoire des temps tragiques de l'esclavage et du bagne. Son rôle est de restaurer la dignité du peuple en autorisant la foule à envahir les rues des villes et des villages pour deux mois de liesse et d’excès. La cérémonie de remise des clés de la ville au Roi Vaval lance les festivités chaque année.

Comme dans tous les carnavals du monde, les carnavaliers se cachent derrière des maquillages, des déguisements et des masques pour pouvoir se permettre toutes les excentricités qu’ils ne se feraient pas durant le reste de l’année.

En Guyane, le Touloulou est une femme mystérieuse déguisée de la tête aux pieds de façon à être méconnaissables. Elle est la reine de la fête et tout lui est permis. Dans sa tenue extravagante, elle se dandine et invite les hommes à danser dans les bals. Cette tradition était destinée à tourner les femmes de la bourgeoisie du XIXème siècle en dérision. Celles-ci ne participaient pas au carnaval et regardaient les cavalcades depuis leurs balcons. 

De nombreux autres costumes sont issus de l’histoire et de la mythologie des peuples de Guyane, comme les Coupeuses de canne, le Jé Farin, etc.

Après le paroxysme atteint par la fête lors des jours gras, le Roi Vaval est brûlé en place publique le jour des Cendres. Il paie ainsi pour tous les maux de l'année passée et emporte avec lui en fumée tous les excès du carnaval… jusqu’à l’année prochaine.